Equipe 5

Equipe 5 : Conflit, engagement, ethique et société (CEES)

Responsables :  Solange Carton et L. Auzoult

Membres :  Laurent Auzoult ; Solange Carton ; Marie Dessons ; Vincent Estellon ; Dominique Ferrieux ; Gilibert Daniel ; Laure Guilbert ; Brigitte Leroy-Viémon ; François-Xavier Lesage ; D. Priolo ; Céline Sauvezon
 

Les travaux de l’équipe visent à approfondir les facteurs psychologiques et/ou psychodynamiques qui participent de la santé et/ou de la dynamique psychique d’un sujet dans le cadre de son environnement, qu’il s’agisse d’environnement au travail et institutionnel ou du contexte social et historique qui traverse le psychisme individuel.

Une première perspective en psychologie sociale du travail et des organisations envisage les évolutions et modifications de ce contexte et leurs répercussions sur la dynamique du sujet et sa qualité de vie. Une deuxième perspective en psychologie et psychopathologie cliniques psychanalytiques, s’attachant à la conflictualité interne du sujet, a pour objet d’étude les solutions psychiques que le sujet est amené à créer dans le champ des cliniques « nouvelles » et plus classiques, qu’il s’agisse de maladies psychiques ou somatiques. Les approches qualitatives sont un des points de force de l’équipe, sans toutefois exclure la méthodologie quantitative qui leur est complémentaire.

 Le premier axe a comme objectif de permettre une meilleure compréhension des processus individuels et collectifs qui influencent la dynamique du sujet dans des contextes d’innovations ou de contraintes organisationnelles, de vulnérabilités ou de mobilités sociales (transitions, changements, ruptures, réussites, performances, souffrances au travail et hors travail). A ce niveau, les dimensions collectives, organisationnelles et sociétales sont centrales pour appréhender le rapport au travail, aux autres et aux organisations à l’œuvre dans les dynamiques d’engagement et d’élaboration de projet que le sujet développe dans ses différents milieux et temps de socialisation.  

Dans le deuxième axe, les travaux se situent dans le champ de la psychopathologie clinique dans une perspective psychanalytique, se focalisant sur les rapports entre affect, corps et psyché dans différentes pathologies sous l’emprise d’un « travail du négatif » dont la visibilité a crû dans la société (psychosomatiques, dépressives, addictives, agirs, effets des violences intrafamiliales) chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte, ainsi que leurs interactions avec les processus de pensée. D’autre part, ces interactions corps-psyché sont approchées selon une méthode phénoménologique et éclairant les relations que les catégories émergentes de l’expérience entretiennent entre elles pour donner le sens des phénomènes. Par ailleurs, la perception quotidienne de la santé et de la maladie dans le cadre de l’éducation thérapeutique seront abordées par « les théories subjectives ».

 Une réflexion innovante et serrée sur l’éthique sous-tend l’ensemble des travaux de l’équipe et en constitue un autre axe. Car si les questions du soin et de la relation ont toujours été au cœur de nos pratiques psychologiques, philosophiques et médicales, celles-ci sont interrogées d’une manière tout à fait nouvelle, avec l’avancée en ce début du XXIème siècle des biotechnologies qui peuvent modifier directement et en profondeur la structure biologique de l’homme, son humeur et son comportement. Nos travaux sur la « performance humaine », sur la distinction entre « le naturel » et « l’artificiel », sur la frontière entre « l’homme réparé » et « l’homme augmenté » révèlent des problématiques au coeur de l’interaction sujet-société et ont pour objectif de nourrir la réflexion éthique de la pratique de la relation de soin.

 

  • Transitions, dynamiques identitaires et engagement au travail (responsable du programme : Isabelle Faurie)

 Centré sur les problématiques de santé au travail et les transitions de vie, le programme vise à mieux comprendre la dynamique des processus identitaires (sentiment d'efficacité personnelle, système capacitaire, estime de soi, autoprotection vs auto-stigmatisation) et collectifs (sentiment d'efficacité collective, rapports intergénérationnels, reconnaissance au travail) activés dans des contextes de transitions professionnelles, interculturelles ou organisationnelles. L'objectif des études est de montrer qu'il existe plusieurs degrés et types d'ajustement entre processus identitaires, collectifs et organisationnels, qui permettent d'appréhender des phases identitaires et de reconnaissance de soi plus ou moins favorables à la dynamique du projet, à l'engagement au travail et hors travail. Un objectif complémentaire est d'évaluer l'impact de ces dynamiques sur la santé et le bien-être afin de concevoir des programmes d'accompagnement efficients. En cela, ce programme conduit à des considérations éthiques permettant d'appréhender les nouvelles formes de subjectivité au travail. La santé au travail et les conditions d'une qualité de vie au travail sont interrogées depuis les processus identitaires et les enjeux de reconnaissance liés au travail.

 Principales publications en relation avec le programme :

Berjot S., Altintas E., Lesage F.X., Grebot E. (2013) The Impact of Work Stressors on Identity Threats and Perceived Stress: An Exploration of Sources of Difficulty at Work among French Psychologists. Sage Open, July-September 2013, vol. 3 (3).

Costalat-Founeau A.M. (2015) Identity Dynamics, Action and Construction of Project, the Feeling of Capability as a Regulator of Identity Phases. In A.M. Costa e Silva & M.T. Aparicio, International Handbook of Professional Identities. Rosemead, CA : SAP. 32-59.

Costalat-Founeau A.M. (2013) (Ed.) Dynamique identitaire, action et changement. Paris, L’harmattan.

Faurie I., Planché F., Deltor S., Ricaud C., Grau A., Guy C. (2013) Mieux comprendre le Transfert de Connaissances en Santé, Sécurité au Travail. Propositions pour une typologie des guides de prévention. Pistes, 15 (1).

Faurie I. (2012) Sentiments d’efficacité personnelle et dynamique du projet professionnel. Psychologie du Travail et des Organisations, 17, 1, 37-60.

Ferrieux D., Sauvezon C. (2013) Identifier les leviers organisationnels d’action sur les risques psychosociaux. In P. Sarnin, R. Kouabenan, M.E. Bobillier Chaumon, M. Dubois & J. Vacherand-Revel (Eds), Santé et bien-être au travail : des méthodes d’analyse aux actions de prévention. Paris, L’Harmattan.

Guilbert L., Bernaud J. L., Gouvernet B., Rossier J. (in press) Employability: a review and research’s perspectives. International journal of educational and vocational guidance.

Guilbert L., Lancry A., Lourel M. (2011) Conciliation des domaines de vie et relation au travail chez trois générations de cadres. In P. Desrumeaux, A.M. Vonthron, S. Pohl (Eds), Qualité de vie, risques et santé au travail. Paris, L’Harmattan, 188-199.

Lesage F.X., Berjot S., Altintas E. (2013) Burnout among occupational physicians. A threat for occupational health ? Ann. Occup. Hyg., 57 (7), 913-919.

Lesage F.X., Berjot S., Deschamps F. (2012) Clinical stress assessment using a visual analogue scale. Occup. Med., 62 (8), 600-5.

Leduc S., Guilbert L., Valléry G. (in press) Impact of ICTs on leadership practices: representations and actions. Leadership & Organization Development Journal, vol. 36, iss : 4.

Mary G., Costalat-Founeau A.M. (2012) La dynamique du système capacitaire : Identité, action et projet.Psychologie du travail et des organisations, 18, 1, 7-16.

Sauvezon C. (2011). Structure sociale et cultures organisationnelles : une application du modèle des représentations sociales. Revue de Psychologie du travail et des Organisations, 17, 37-57.

 

  • Corps, affect et psyché (CAP) (responsable du programme : Solange Carton)

L'objectif est d'étudier les processus psychiques sous-tendant les rapports corps-affect-psyché dans plusieurs pathologies de l'enfance et l'adolescence à l'adulte, qu'il s'agisse d'entités cliniques classiques (e.g., mélancolie, dépression), de pathologies somatiques ou de symptomatologie dont la visibilité a cru dans la société, et qui ont en commun l'externalisation de la conflictualité intra-psychique et de la souffrance, par le corps (clinique psychosomatique), par des solutions substitutives (e.g., addictives) ou des agirs, ayant pour effet une mise au silence des affects ou leur trop grande violence. Les référentiels théoriques en sont la psychanalyse d'une part, la phénoménologie qualitative d'autre part. Les méthodologies sont qualitatives, basées sur des entretiens cliniques, la clinique du transfert, la méthodologie projective, ou la méthode énactive. Les retombées cliniques se situent au niveau des prises en charge psychanalytiques classiques ou leurs aménagements, et d'autre part de l'efficience d'autres modes thérapeutiques (médiations, groupe, psychothérapie existentielle...).

Principales publications en relation avec le programme :

Bernabé J.L., Carton S. (2013) Modes de traitement des affects chez de jeunes patients en difficulté dans l’acquisition de l’écriture orthographique. Psychologie Clinique et Projective, 19, 289-301.

Boissière L., Estellon V. (2015) Figures et formes de la dysrégulation fantasmatique chez les états-limites : le cas de suicidants réitérants. L’Evolution Psychiatrique, EVOPSY-D-13-00005R1.

Carton, S. Chabert, Corcos, M. (2011). Le silence des émotions. Cliniques psychanalytique des états vides d'affects. Paris, Dunod. Coll Inconscient et culture. Carton S. (2014). Condamnation à vie. Libres cahiers pour la psychanalyse, 30, 43-52.