Le volet Cultures numériques explore les dynamiques scientifiques et expérimentales du projet Nexus. Il interroge les pratiques et cultures digitales à travers des travaux de recherche et d’évaluation menés au sein du projet, ainsi que les contributions scientifiques associées.
Questionner les pratiques et cultures digitales
Depuis son origine, Nexus intègre une forte dimension scientifique en s’adossant aux travaux de recherche pour objectiver les évolutions engagées.
Le projet finance ainsi des contrats doctoraux et postdoctoraux en lien avec ses thématiques structurantes. Ces recherches ont donné lieu à des communications et publications portant notamment sur l’hybridation des formations, l’accessibilité numérique, le podcast en pédagogie ou encore la citoyenneté numérique à l’université.
Quelques résultats :
Ils montrent que, malgré un cadre réglementaire affirmé, les étudiants en situation de handicap restent confrontés à des obstacles persistants, souvent associés à une responsabilisation individuelle de leurs besoins. À partir d’enquêtes qualitatives portant notamment sur les usages de Moodle et des Briques en Humanités Numériques, ces recherches mettent en évidence l’écart entre politiques inclusives et pratiques pédagogiques effectives. Elles défendent une approche universaliste de l’accessibilité, fondée sur la multimodalité, l’hybridation et la ludification des dispositifs, tout en soulignant le rôle central de la médiation humaine. L’inclusion est ainsi pensée comme un changement de culture pédagogique, anticipé dès la conception des cours, attentif à la diversité des parcours et orienté vers une équité réelle plutôt qu’une simple logique de compensation.
Apprécié par les étudiants (notamment ceux confrontés à des contraintes matérielles ou à des situations de handicap) il l’est également par les enseignants.
Les résultats soulignent que la voix, la scénarisation et la dimension sonore renforcent l’engagement, la compréhension et le sentiment d’interaction. Toutefois, l’efficacité pédagogique du podcast repose sur son intégration cohérente aux objectifs d’apprentissage et à l’environnement pédagogique dans lequel il s’inscrit.
Les analyses quantitatives et qualitatives confirment que, lorsqu’il est formalisé et accompagné pédagogiquement, le portfolio contribue à la régulation des apprentissages, à la coopération entre pairs et à la mobilisation de compétences transversales. Il constitue ainsi un levier central de professionnalisation.
Une publication récente sur les ePortfolios souligne que leur impact dépend d’un alignement fort avec les objectifs pédagogiques et les modalités d’évaluation formative, avec des effets positifs mesurés sur les apprentissages, l’autorégulation et la coopération.
Projets en Humanités numériques
Au-delà de l’acculturation des étudiantes et étudiants aux Humanités numériques, Nexus poursuit un objectif central : concevoir des projets pédagogiques et scientifiques associant enseignants-chercheurs, étudiants et partenaires professionnels. Cette dynamique collaborative favorise l’expérimentation, la co-construction et le croisement des expertises.
En troisième année de licence, les étudiants ont ainsi la possibilité de s’engager dans des projets qui leur permettent de passer d’une approche théorique à une mise en œuvre opérationnelle des Humanités numériques. Les BriqueLabs constituent, dans ce cadre, des dispositifs pédagogiques fondés sur la réalisation de projets concrets. Ils explorent notamment :
- Les interfaces entre l’humain et la machine dans la conduite de véhicules connectés ;
- Les mécanismes d’information et d’attention sur les réseaux sociaux, analysés à l’aide de dispositifs de suivi du regard (eye tracking).
Ces projets pluridisciplinaires et multi-acteurs alimentent le FabLab de la Fabrique des Humanités et donnent lieu à des réalisations à forte dimension scientifique et expérimentale. À titre d’exemple, un dispositif de réalité virtuelle et olfactive a été développé en partenariat avec le Musée Henri-Prades, le LabEx Archimède, deux start-up et une artisane parfumeuse.
Ce projet, fondé sur des dispositifs innovants en Humanités numériques, propose une forme renouvelée de médiation muséale. Il a rencontré un large intérêt auprès du public, avec près de 14 000 visiteurs en six mois, illustrant sa capacité à articuler exigence scientifique, innovation technologique et diffusion des savoirs.










