AXE 1 : Axe Santé

Responsables : Florence Cousson-Gélie (PR), Sophie Bayard (MCF - HDR)

Membres de l'équipe :
Sophie Bayard (MCF - HDR)
Guillaume Broc (MCF),
Solange Carton (Pr),
Florence Cousson-Gélie* (Pr),
Marie Dessons (MCF),
Isabelle Launay-Boulze (MCF-HDR),
Marie-Christine Gély-Nargeot (Pr),
 Aude Michel* (Pr),
Brigitte Leroy-Viémon (MCF-HDR),
Sophie Martin (MCFHDR),
Stéphane Raffard (Pr),
Raphaël Trouillet* (MCF-HDR).

Objectifs scientifiques

L’objectif général de cet axe est d’étudier les facteurs de vulnérabilité et de protection, ainsi que les processus adaptatifs (psychologiques, émotionnels et comportementaux) dans différentes pathologies ou différentes situations à risque pour l’individu.

Ainsi, le premier programme  vise à la compréhension et la caractérisation des facteurs et des processus psychologiques qui sous-tendent les trajectoires évolutives et les changements adaptatifs dans le champ de maladies somatiques, psychiatriques et neuro-dégénératives. Le deuxième programme de cet axe aborde la psychopathologie clinique dans une perspective psychanalytique d’une part, se focalisant sur les rapports particuliers entre affect, corps et psyché dans différentes pathologies sous l’emprise du « négatif » dont la visibilité a crû dans la société (psychosomatiques, dépressives, addictives, agirs, effets des violences intrafamiliales) chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte, ainsi que leurs interactions avec les processus de pensée (troubles dysorthographiques de l’enfant par exemple). D’autre part, ces interactions corps-psyché sont approchées dans une perspective phénoménologique et pragmatique, qui ouvre à l’investigation de l’expérience vécue des acteurs en situation, pouvant éclairer, en contexte de recherche, les relations que les catégories émergentes de l’expérience entretiennent entre elles pour comprendre les comportements humains (méthode phénoménologique en psychologie, sémiopragmatique). Enfin, un troisième programme se focalise sur l’amélioration des comportements de santé en réduisant les comportements à risque (conduites addictives liées à la consommation d’une substance) et en faisant la promotion des comportements favorables pour la santé (i.e. activité physique, alimentation équilibrée).

PROGRAMME 1 : DETERMINANTS PSYCHOLOGIQUES DES MALADIES NEURO-DEGENERATIVES, SOMATIQUES ET PSYCHIATRIQUES


Sophie Bayard, Marie-Christine Gély-Nargeot, Florence Cousson-Gélie, Aude Michel, Stéphane Raffard

Les travaux du programme 1 se focalisent sur les interactions complexes entre les facteurs psychologiques protecteurs et de risques révélant les processus de compensation ou d’amplification de la vulnérabilité de l’individu et sur les effets subjectifs et objectifs en matière de qualité de vie. 

Notre programme adopte une approche multidimensionnelle, pluridisciplinaire tenant compte de la complexité du fonctionnement de l’individu.

Nos questions principales de recherche sont :

- Quels sont les facteurs et les processus psychologiques impliqués dans l’adaptation aux maladies neurodégénératives, somatiques et psychiatriques ? 

- Quels sont les facteurs explicatifs et les processus d’ajustements impliqués lors des différentes transitions liée à ces différents contextes de vulnérabilité ?


Les recherches menées au sein de ce programme prolongent nos travaux antérieurs conduits depuis cinq ans et demi au sein d’Epsylon. L’objet de recherche commun se centre sur l'identification des facteurs explicatifs et des processus d'ajustement lors des transitions liés à ces différents contextes de vulnérabilité. Nos travaux se focaliseront donc sur les interactions complexes entre les facteurs psychologiques protecteurs et de risque, révélant les processus de compensation ou d'amplification de la vulnérabilité de l'individu et sur leurs effets objectifs et subjectifs en matière de qualité de vie. Ils adoptent une approche multidimensionnelle et pluridisciplinaire tenant compte de la complexité du fonctionnement de l’individu.
Une partie des  projets développés portera notemment sur l'analyse des trajectoires de fatigue de patients atteints d’un cancer métastatique et quels sont les principaux déterminants (Projet Fatigue, Financement INCa). Ces travaux seront prolongés par la construction d’une prise en charge personnalisée visant à réduire les risques de fatigue chez ces patients (Projet soutenu par le SIRIC de Montpellier). Toujours dans l’objectif de proposer des prises en charge visant à améliorer la qualité de vie des patients atteints de cancer pendant leur traitement. Nous développerons un projet basé sur la réalité virtuelle (RV) en étudiant comment ses capacités d'immersion pourrait être un outil fondamental de distraction. Nos
objectifs sont 1) d’adapter cette procédure en oncologie, il apparait essentiel d’étudier comment favoriser au mieux cette immersion dans des conditions d'anxiété en oncologie (biopsie, chimiothérapie …) ; 2) de déterminer quelles sont les conditions immersives les plus favorables pour instaurer un climat propice au bon déroulement de différentes interventions (Biopsie, pose Port-à-cath, chimiothérapie…). Pour cela, dégager les caractéristiques des environnements virtuels à proposer aux patientes en contrôlant différents facteurs (immersion contemplative, avec/sans stimulation cognitive ; nature de l’environnement projeté…). ;3) d’étudier leurs efficacités dans différentes conditions cliniques ; (4) d’étudier les effets de la RV, dans la prise en charge, en tant qu’outil de régulation émotionnelle permettant de diminuer les émotions négatives et de favoriser, par leur introduction, les émotions positives.


Une autre partie des  projets développés s'articuleront autour de 5 axes principaux :
1) Développement et mise à jour de données normatives au-delà de 50 ans pour des outils classiquement utilisés dans l’évaluation des fonctions exécutives.
2) Etudier les interactions entre âge, somnolence et capacités d’autorégulation en vie quotidienne.
3) Développer un modèle psychologique de l’insomnie chronique associée à la maladie de Parkinson et étudier l’efficacité de la thérapie cognitive et comportementale de l’insomnie chronique dans ce affection neurodégénérative.
4) Appliquer les modèles statistiques et conceptuels des analyses en réseaux à la compréhension des troubles du comportement associés à la maladie de Parkinson, notamment déterminer les symptômes centraux prédicteurs du développement des troubles impulsif-compulsifs.
5) Etudier les comportements et les déterminants de l’hétéro-évaluation de la douleur des aides-soignants auprès de résidents atteints de troubles neurocognitifs sévère en établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes.


D'autres projets approfondissent les travaux dans le champs des sciences cliniques psychologiques des troubles mentaux sévères et se concentreront autour de 5 axes principaux :
1) Étudier l’influence de l’accommodation familiale dans le maintien des symptômes compulsifs/obsessionnels et psychotiques de l’adulte.
2) Poursuivre les études en cours concernant les facteurs psychologiques impliqués dans les troubles de l’effort et de la motivation mesurées par l’intermédiaire de variables subjectives mais aussi cardiovasculaires (pression artérielle systolique, pression artérielle diastolique et pression artérielle moyenne) dans la schizophrénie et le sujet âgé.
3) Développer un modèle psychologique de la fatigue et étudier l’efficacité d’une intervention TCC sur la prise en charge de la fatigue dans schizophrénie (PHRC national 2020-2022)
4) Étudier l’influence des réseaux sociaux internet sur la création de souvenirs flashs en population non clinique et clinique dans une perspective lifespan.
5) Appliquer les modèles statistiques et conceptuels des analyses en réseaux à la compréhension des états mentaux anormaux, notamment déterminer les symptômes centraux prédicteurs de la rémission des états psychotiques aigus.


PROGRAMME 2 : CORPS, AFFECTS ET SUBJECTIVATION


Programme « Corps, image et langage »

Resp. Solange Carton et Isabelle Launay

Les travaux de ce programme s’articulent autour d’une problématique majeure : de quelles façons le corps et la psycho-sensorialité entrent en jeu pour aider à l’expression, à la représentation pulsionnelle et à la parole, ou les entraver ? Cette problématique générale est traitée au sein de plusieurs dispositifs thérapeutiques et de prévention, de l’enfant à l’adulte, de façon transnosographique et du normal au pathologique :

  1. Dans le traitement psychique : les psychothérapies psychanalytiques, les cures-types, les groupes thérapeutiques et le psychodrame existentiel

  2. Dans les dispositifs de prévention et d’accompagnement des acteurs du soin 

Les approches théorico-cliniques sont psychanalytiques et/ou phénoménologiques, les méthodologies de recherche sont qualitatives et s’ancrent dans les pratiques cliniques et thérapeutiques. Les champs d’intervention cliniques sont variés : névroses, psychoses, pathologies limites-narcissiques, dépressions, addictions, maladies somatiques, handicaps…

Les travaux articulent l’exploration clinique et la recherche métapsychologique et se développent autour de 4 axes de travail :

  • Les modalités d’investissement pulsionnel de la parole et du corps et les processus mélancoliques

  • Les processus de régression et le traitement psychique des angoisses chez l’enfant et l’adolescent 

  • Les processus de relance existentielle dans une approche phénoménologique 

  • Le nouage corps, regard et parole dans la clinique des addictions et du somatique 


Les travaux de recherche concernent tout particulièrement les rapports entre corps somatique/corps psychique/corps érotique dans une perspective clinique psychanalytique et une approche phénoménologique, à travers plusieurs fonctionnements psychiques, du normal au pathologique (névrotiques, psychotiques, pervers, psychopathiques et limites). Plus particulièrement, ils interrogent les différentes modalités de satisfaction et de répression du pulsionnel, soit dans l’expression conflictuelle de ses représentants psychiques (affects et représentations) soit par la sensorialité, la corporéité, l’acte, les agirs, les fonctionnements compulsif et addictif.
Les recherches sont menées dans les champs de la psychopathologie de l’enfant, de l’adolescent et de l’adulte. Plus particulièrement chez l’enfant et l’adolescent, les problématiques concernent les angoisses archaïques et la régression. Chez l’adulte, elles se centrent notamment sur la clinique des processus mélancoliques, la clinique des limites et de l’extrême, les addictions et les pathologies somatiques, la clinique des sexualités et du genre et les processus de création artistique. Les méthodes de recherche sont qualitatives et se fondent sur la pratique clinique et thérapeutique. Plus spécifiquement, elles s’ancrent dans les dispositifs psychothérapiques suivant : cure-type psychanalytique, psychothérapies psychanalytiques, psychothérapies existentielles, groupe de parole, psychodrame de groupe existentiel, psychodrame psychanalytique individuel, médiations thérapeutiques.

PROGRAMME 3. COMPORTEMENTS DE SANTE, SITUATIONS A RISQUE

Programme 3 – Axe 1

Responsable du programme : G. Broc

Membres : F. Cousson-Gélie, G Broc, S. Martin, R. Trouillet

Présentation générale

Les travaux du programme 3 « Comportements de Santé, Situations à Risque » (CS-SR) se focalisent sur l’amélioration des comportements de santé en réduisant les comportements à risque (p. ex., conduites addictives liées à la consommation d’une substance) et en faisant la promotion des comportements favorables pour la santé (p. ex., activité physique, alimentation équilibrée, dépistages des maladies).

Principales questions de recherche

  • Quels sont les déterminants et les mécanismes psychosociaux impliqués dans les changements de comportements de santé et les situations à risque ?

  • Quels sont les leviers et les obstacles au changement à identifier au niveau de l’individu et de son environnement, et comment les modéliser ?

  • Quelles préconisations formuler en vue de proposer des interventions innovantes et efficaces en lien avec la santé (alors développées dans l’Axe 3) ?


La première partie des travaux de ce programme a pour but de comprendre les déterminants et les mécanismes psychosociaux des changements de comportements de santé afin de mieux cerner les leviers et les obstacles et de proposer des interventions innovantes et efficaces d'éducation à la santé qui seront étudiées dans l’axe transfert et innovations technologiques.
Le premier objectif scientifique de ce programme est d’étudier les mécanismes psychosociaux et les déterminants de certains comportements de santé. Ainsi, nous souhaitons poursuivre l’analyse des déterminants de la pratique d’activités physiques en population générale (enfants et adultes) qui a été développé dans le précédent contrat. Nous étudierons plus particulièrement l’impact de la « dynamique familiale » sur la pratique d’activités physiques des différents membres de la famille (financement SIRICMontpellier, Grant INCa 2016-2019, Grand Défi Vivez Bougez). Nos recherches viseront également à étudier les déterminants du comportement de tabagisme chez des lycéens au travers du suivi d’une cohorte de plus de
4000 lycées issus de 3 régions françaises (Occitanie, Ile de France et Auvergne-Rhone-Alpes). Cette étude est financée par l’INCa (AAP DEPREV 2018-2021). Enfin un troisième comportement de santé, l’alcool, fera l’objet de plusieurs recherches. En effet, l’alcool est une substance psychoactive expérimentée très tôt par les jeunes. Ces dernières années, un nouveau mode de consommation s’est répandu chez les adolescents : l’alcoolisation rapide (ou binge-drinking). Cette pratique est associée à des risques à court terme (relations sexuelles non protégées, consommation de substances psychoactives illicites) mais aussi à long terme (cancers, maladies cardiovasculaires). Ce travail de recherche a pour objectif de mieux comprendre les
déterminants du comportement relatif aux alcoolisations rapides et les mécanismes à l’oeuvre dans la modification de ce comportement (Financement INCa 2017-2020, allocation doctorale Région Occitannie).
Ces recherches sont menées en partenariat avec Epidaure, département prévention de l’Institut du Cancer de Montpellier. Toujours dans le champ de la dépendance à l’alcool, un deuxième objectif concerne le stress et le craving - lequel est considéré comme un processus transdiaognostique central dans la manifestation de conduites addictives. Le craving est défini comme une expérience subjective qui motive l’individu à chercher et à utiliser une cible et / ou une pratique fortement désirée afin d’obtenir les effets désirés (Marlatt, 1978). Certains modèles du craving se sont intéressés aux processus cognitifs sous-jacents (Tiffany, 1990) qui sont également impliqués dans la régulation des émotions. Le modèle métacognitive de la dépendance à l’alcool (Spada et al., 2013) postulent alors que la dépendance à l’alcool s’expliquerait par un trouble de la gestion des pensées et des émotions. Ce trouble émergerait d’un syndrome métacognitif où certaines croyances métacognitives sont activées par des pensées ou souvenirs. Une bonne gestion du stress serait donc importante afin de prévenir un haut niveau de craving et des difficultés de gestions de l’addiction à l’alcool. Un premier travail de recherche portera sur l’effet modérateur de facteurs environnementaux sur les relations entre croyances métacognitives et des manifestations (craving perçu et biais attentionels) des principaux processus cognitifs impliqués dans la régulation des pensées Un deuxième travail portera sur le rôle de l’inquiétude de type 2 (Wells, 2000) dans l’émergence du craving. Une troisième recherche portera sur les relations entre stress perçu, le coût cognitif d’une tâche et les croyances métacognitives Nous explorerons si les patients alcoolodépendants sont plus sensibles au coût cognitif d’une tâche que des sujets sains et nous nous demanderons si
cette différence pourrait s’expliquer des profils métacognitifs différents entre patients et sujets sains. Ces recherches reposent sur une collaboration avec l’unité d’addictologie du Grau du Roi (Hopital de rééducation, de réadaptation et d’addictologie du CHU de Nîmes au Grau-du-Roi).
Une autre situation à risque sera étudiée dans ce programme, à savoir le chemsex qui consiste en la consommation de produits psychoactifs en contexte sexuel. Le chemsex est associé à plus de conduites à risques, sexuelles ou liées à la consommation de produit, potentiellement à l’origine de nouvelles contaminations par le VIH/VHC ou autres IST, mais aussi d’effets délétères sur la santé psychique et somatique.

Ce projet a deux objectifs principaux :

1/Mieux appréhender les profils de chemsexeurs, y compris auprès des usagers qui ne résident pas dans de grandes agglomérations, avoir une meilleure connaissance des spécificités du chemsex sur le territoire national, de l’hétérogénéité des pratiques et des usagers et de leur rapport singulier à l’usage du chemsex.

2/Documenter les éventuels besoins. Ces recherches seront menées en collaboration avec UMR1252 SESSTIM Marseille, Financement ANRS.