Axe 2 : Axe Education et Professionnalisation

Animation scientifique : Nathalie Blanc (PR), Laure Guilbert (MCF - HDR)


Composition de l'axe : (*indique des membres présents dans l’axe 3)

Stéphanie Bellocchi* (MCF),
Nathalie Blanc* (Pr),
Célia Blanchet (MCF),
Yves Boloh (MCF),
Claire Brechet (MCF),
Emmanuelle Brigaud* (MCF),
Denis Brouillet* (PrEm),
Lionel Brunel*(MCF-HDR),
Marine Buon (MCF),
Pom Charras* (MCF),
Anne-Marie Costalat* (PrEM),
Daniel Gilibert* (Pr),
Laure Guilbert (MCF-HDR),  
 Jean-Marc Lavaur (MCF),
Virginie Leclercq* (MCF),
François-Xavier Lesage (MCFPH),
Pascale Maury (MCF),
Pascal Moliner (Pr),
Catherine Monnier (MCF),
Karolina Moutsopoulou (MCF),
Daniel Priolo* (MCF-HDR),
Patrick Rateau (Pr),
Céline Sauvezon (MCF),
Arielle Syssau* (Pr),
André Tricot* (Pr),
Julien Vidal* (MCF).

 

Objectifs scientifiques

 


Le collectif humain qui se fédère pour les recherches envisagées dans cet axe a choisi de mutualiser ses forces et compétences autour de trois principaux programmes – APPRENDRE ; RESSENTIR ; INTERAGIR . Ces trois programmes sont solidement ancrés dans le potentiel recherche de l’unité tout en favorisant des synergies nouvelles entre collègues de différentes sous-disciplines de la psychologie (psychologie cognitive, psychologie du développement, psychologie sociale, du travail et des organisations) et participent à une structuration plus cohérente et efficace de l’unité autour de projets communs. La méthode expérimentale sera mise à profit pour concevoir nombre des études qui viendront alimenter ces programmes de recherche. La méthode observationnelle ne sera pas pour autant négligée, notamment lorsqu’il s’agit de mettre au jour et de quantifier des processus dépendants de terrains d’observations.

PROGRAMME 1. APPRENDRE :

Études des processus cognitifs en situation d’acquisition Acquérir des connaissances et des compétences, que ce soit au travers d’un travail intellectuel ou via l’accumulation d’expériences, est le thème de recherche commun aux études qui seront menées dans ce programme. L’objectif est de contribuer à l’état actuel des connaissances sur les différents processus cognitifs qui participent à apprendre, cette caractéristique commune du fonctionnement cognitif qui peut être appréhendée à différents niveaux de complexité tant chez l’adulte que chez l’enfant, en favorisant l’identification du fonctionnement typique comme du fonctionnement atypique. Quatre ensembles de travaux sont envisagés et visent à poursuivre les travaux déjà entrepris au sein d’Epsylon. Le premier met l’accent sur la connaissance des processus attentionnels et perceptifs avec notamment la volonté de s’attarder sur l’organisation spatiale des magnitudes et leur potentiel apport à l’apprentissage des mathématiques à l’école maternelle (projet région ESP-MATH), sur les facteurs visuo-perceptifs et visuomoteurs impliqués dans l’apprentissage typique du langage écrit, ou encore sur la préparation attentionnelle au travers de ses composantes spatiale et temporelle (projet ANR NET-Prep) et sa sensibilité à la charge perceptive et à l’incertitude. Dans ce premier ensemble de travaux, la sensori-motricité est aussi envisagée comme un cadre d’approche prometteur de la cognition, et ouvre la possibilité de révéler les atouts à considérer la cognition située pour caractériser au plus près les leviers des apprentissages. Le deuxième ensemble de travaux met l’accent sur l’étude des connaissances métacognitives et propose d’en examiner le développement (entre l’âge de 5 et 10 ans) en partie au travers de tâches classiques de mémoire de
travail verbale et visuo-spatiale, mais aussi à partir de tâches moins répandues mais tout aussi heuristiques que sont la production de dessins et la pratique de jeux dits de plateaux. Le troisième ensemble de travaux place les habiletés langagières et les habiletés de compréhension au coeur des questions de recherche soulevées dont la plupart est listée ci-après. Dans l’acquisition du genre grammatical, les déterminants masculins seraient-ils interconnectés mieux et plus tôt que les féminins ? Chez les jeunes lecteurs en difficulté, le marquage syllabique pourrait-il représenter un levier pour favoriser l’apprentissage de la lecture ? Quels sont les facteurs qui déterminent l’apprentissage du langage écrit chez les enfants bilingues qui apprennent en français-L2 ? Quelles sont les caractéristiques des films et des nouveaux médias qui soutiennent l’apprentissage d’une langue seconde ? La pratique théâtrale en classe de maternelle peut-elle favoriser l’entrée dans la compréhension de récits et prévenir l’apparition des difficultés classiquement observées ? Est-il possible de prévenir l’apparition des difficultés de compréhension en sollicitant les capacités inférentielles dès l’âge préscolaire (Projet ANR INFECOMP) ? Les lecteurs simulent-ils mentalement les caractéristiques sensorielles des objets, des évènements ou des actions dont il est question dans les textes ? Dans quelle mesure ces simulations participent-elles à l’activité de compréhension ? Ces questions et d’autres soulevées dans les deux premiers ensembles de travaux seront complétés par un quatrième ensemble qui sera quant à lui consacré à l’étude du développement atypique. A titre d’exemple, un projet sera consacré à la pratique artistique en classe et ses effets pour permettre aux élèves intellectuellement précoces de renouer avec les apprentissages scolaires (Contrat doctoral Région 2018-2021). Un second projet visera à mieux cerner la nature des liens entre déficits visuo-perceptifs et visuo-moteurs et certains troubles neurodéveloppementaux (dyslexie, trouble du développement de la coordination et troubles du spectre autistique). Considéré dans son ensemble, ce premier programme – APPRENDRE – permettra d’approfondir nos connaissances du fonctionnement cognitif tant typique que atypique et constituera une base solide pour alimenter et développer les projets d’études interventionnelles envisagées dans l’axe Innovation et transfert technologique.

PROGRAMME 2. RESSENTIR :

Etudes des EMOTIONS ET de leurs actions sur la COGNITION Les émotions et leurs actions sur la cognition sont au coeur du deuxième programme qui comprend cinq ensembles de travaux distincts. Le premier ensemble de travaux appréhende le développement socioémotionnel et signale deux principales lignes de recherche. La première cible la connaissance du développement de diverses compétences émotionnelles à l’âge scolaire (e.g., identification, compréhension, régulation des émotions) et vise à déterminer la nature et le poids des facteurs qui impactent ce développement. La deuxième ligne de recherche concerne plus spécifiquement la période de l’adolescence et vise à déterminer l’impact du contexte social et émotionnel sur les prises de décisions sociomorales à l’adolescence afin de mieux comprendre la propension de cette population à s’engager dans des conduites d’agression relationnelle et leurs impacts sur le fonctionnement cognitif et social de l’adolescent (Contrat doctoral région 2019-2022). Le deuxième ensemble de travaux portera plus spécifiquement sur les discriminations scolaires et professionnelles avec pour objectif de déterminer les conséquences des stéréotypes dans ces deux contextes (scolaire et professionnel). Précisément, il s’agira d’étudier les processus socio-cognitifs à l’oeuvre dans les croyances et les attitudes au travers du phénomène de stéréotypisation et ses conséquences sur l’estime de soi, la performance, l’efficacité au travail ou encore le climat social. Le troisième ensemble de travaux mettra quant à lui l’accent sur l’approche discrète des émotions et visera à déterminer et expliquer l’influence de différentes émotions positives spécifiques telles que l’émerveillement, l’amusement, la compassion sur différentes activités cognitives (i.e., la créativité, la prise de décision, le langage, la compréhension ; contrat doctoral région 2019-2022). Cet ensemble de travaux permettra donc d’apprécier au plus près l’impact des émotions positives discriminées entre elles sur le fonctionnement cognitif et de révéler les conditions dans lesquelles les bénéfices des émotions positives (optimisation du fonctionnement cognitif) peuvent être observées. Le quatrième ensemble de travaux est intimement lié au précédent et sera consacré à l’avancée des connaissances sur les techniques d’induction d’un état émotionnel, mais aussi sur la nécessaire réflexion de la qualité des outils de mesure employés pour évaluer les états émotionnels (efficacité discutable des évaluations auto-rapportées). Également, la question de l’efficacité des procédures d’induction de dissonance cognitive et d’engagement externe sera examinée, avec comme source d’explication le poids des normes sociales. Quant au cinquième ensemble de travaux, il sera consacré à l’étude de la cognition sociale et morale pour lequel trois lignes de recherche sont envisagées. La première aura pour ambition de mettre à profit différents paradigmes expérimentaux (i.e., double tâche, amorçage) adaptés à des adultes et/ou des enfants pour comprendre la nature des processus impliqués dans différentes compétences morales (i.e., sensibilité à l’inéquité, prise en compte des intentions au détriment des conséquences ). La deuxième consistera à explorer dans quelle mesure l’humour (humour potache vs. humour transgressif) peut moduler le jugement moral, avec l’idée que le fait d’être exposé à de l’humour ou de produire de l’humour pourrait moduler la prise de décision dans le cadre de dilemmes opposant deux solutions moralement irrecevables. La troisième ligne de recherche concerne le cas typique du mensonge prosocial (i.e., mensonge énoncé au bénéfice d’autrui, pour faire plaisir, réconforter ou protéger autrui) et vise à identifier les principaux facteurs socio-cognitifs, dispositionnels et environnementaux qui favorisent et contraignent son développement, afin de mieux comprendre les mécanismes sous tendant son apparition et ses évolutions avec l’âge. Ces cinq ensembles de travaux ne sont pas à considérer comme cloisonnés d’autant que les méthodologies et les fondements théoriques auxquels ils renvoient permettront d’offrir un volume de connaissances cohérent et complémentaire sur l’individu appréhendé dans ses facettes socio-émotionnelles qui sont intrinsèquement liées à son fonctionnement cognitif.


PROGRAMME 3. INTERAGIR : SUJETS & CONTEXTES :

La connaissance du fonctionnement psychologique (cognitif et affectif) de l’individu ne saurait être complète sans considérer ses capacités d’interaction avec l’environnement et les capacités adaptatives au(x) contexte(s) qui en découlent. Ce dernier programme est structuré autour de trois principaux ensembles de
travaux. Le premier ensemble de travaux s’intéresse aux régulations cognitives et/ou sociocognitives qui s’exercent sur les processus de communication, que ce soit au niveau de l’élaboration de l’information à diffuser, au niveau de sa réception ou encore de son interprétation. La communication sera envisagée soit à partir des dispositifs de médiatisation sur lesquels elle repose, soit à partir de ses contenus, soit à partir des mises en forme auxquelles elle obéit. Le recours à l’humour comme stratégie de communication et ses effets délétères sur les représentations sociales d’objets sensibles (i.e., renforcement des stéréotypes sexistes ou le dessin comme outil pour sonder chez l’enfant les représentations de concepts abstraits et/ou de
sujets complexes (par exemple la représentation du handicap), le type de cadrage adopté pour délivrer une information, les stéréotypes à l’oeuvre dans la mise en images de l’actualité, le poids des facteurs cognitifs (connaissances antérieures, croyance, force des arguments) et socio-cognitifs (crédibilité perçue de la source, effet de cadrage) dans le gradient de persuasion des textes argumentatifs, tels sont les angles d’approche des phénomènes de régulations cognitives et/ou sociocognitives qui sont à l’oeuvre dans les situations de communication. Le deuxième ensemble de travaux consistera à étudier les processus (individuels et collectifs) émergeant dans des contextes organisationnels et/ou culturels, avec pour ambition d’apporter un éclairage sur la façon dont les individus et les organisations font face aux changements sociétaux et à ceux spécifiques au monde du travail. Concrètement, ces recherches seront centrées sur les structures de pouvoir, les formes de leadership, les normes sociales et les régulations individuelles et collectives en tant que stratégies adaptatives aux évolutions du contexte. Quatre lignes de recherche sont ainsi à signaler. Pour la première, il s’agira de mieux comprendre les facteurs et processus de groupe (e.g., mémoire transactive, coordination implicite) contribuant à une meilleure performance organisationnelle des équipes. Pour la seconde, l’objectif est d’alimenter les connaissances sur le leadership en mettant en évidence les
antécédents des différentes formes de leadership et leurs conséquences sur la régulation de l’activité au sein d’un groupe et l’organisation, et ce, que ce soit sur le plan individuel et/ou collectif (analyses muti-niveaux). Pour la troisième, il s’agira d’explorer la façon dont les individus se représentent comme socialement attendues, puis intériorisent, des croyances relatives au fonctionnement de groupe, au fonctionnement hiérarchique et à un bon fonctionnement organisationnel et la façon dont leur comportement en est alors affecté (par exemple, lorsque les exigences paraissent contradictoires). Pour la quatrième ligne de recherche, elle sera consacrée à l’étude de l’impuissance citoyenne acquise avec pour objectif de déterminer
comment des variables psychosociales peuvent expliquer les liens entre les valeurs constitutives de l’idéologie libérale et le désengagement citoyen. Le troisième ensemble de travaux sera consacré à l’étude des dynamiques professionnelles et notamment les effets des dispositifs socio-éducatifs, de formation et d’accompagnement dans la construction du projet personnel et professionnel, d’un sentiment d’efficacité personnelle et d’une démarche proactive d’insertion professionnelle. Deux lignes de recherche sont donc à développer avec d’une part la nécessité d’explorer l’impact des processus d’acculturation et de socialisation dans la construction identitaire et la mise en oeuvre d’un projet, et d’autre part l’importance d’étudier les freins et les leviers individuels, organisationnels et sociétaux à l’employabilité chez les étudiants, les demandeurs d’emploi et les travailleurs. Enfin, le quatrième ensemble de travaux vise à compléter les précédents en prenant en compte le rôle des émotions comme élément structurant des processus cognitifs, identitaires et conatifs et ce, dans différents contextes organisationnels. Trois lignes de recherche seront à développer. La première a pour objectif de déterminer dans quelle mesure et sous quelles conditions des émotions positives, notamment celles induites par des démarches de qualité de vie au travail, peuvent contribuer à la performance individuelle et organisationnelle (Thèse contrat G.R. Occitanie ayant débuté
janvier 2019). La deuxième ligne de recherche concerne plus spécifiquement les effets des attentes positives et du contrôle perçu dans l’appropriation d’une nouvelle technologie tel un module d’intelligence artificielle dans un système d’information R.H. (Thèse CIFRE-ayant débuté en mai 2019). La troisième ligne approfondit quant à elle la question du soutien social du groupe, au travers des corrélats et effets des attentes et perceptions de reconnaissance (rapport au métier, identité professionnelle, bien-être et détressepsychologiques au travail).